Après avoir vu la nouvelle série en six épisodes de Protea IV, si chaleureusement accueillie par le nombreux public qui assistait à la présentation du film remarquablement mis en scène par M. Bourgeois, on peut dire et affirmer que Mme Josette Andriot, la parfaite interprète de ce genre va retrouver sur l’écran et auprès du publie dont elle est une des favorites étoiles, tous les succès, tous les triomphes que lui valurent ses énergiques exploits dans Protea I, II et III.

Il ne faut pas l’oublier, on doit même le dire, le roman Cinématographique
en série n’a pas été une invention des éditeurs américains, mais une amplification de nos grands films romanesques en plusieurs parties. L’Edition française a été un précurseur dans ce genre; il me semble qu’il était bon de le dire et de le rappeler.

Protea, c’est la femme énergique mettant son intelligence et son courage au service des opprimés, dont l’intervention héroïque et bienfaisante fait écrouler les plans et projets d’une bande de misérables qui voulaient faire disparaitre ceux qui les gênaient et accaparer ce qui ne leur appartenait pas.

Le premier épisode, Une Mission sacrée, expose la situation: Ralph Penny et sa sœur Eva se sont emparés avec violence du testament de Jacques de Tergnières. Accompagnée de son inséparable Teddy, Protea jure à Louise Varon, mourante, de protéger sa petite fille Jacqueline et une fois de plus, voilà notre sympathique héroïne protectrice de l’orpheline.

Le deuxième épisode, Dans la Gueule du Loup, nous fait connaitre le château de Malmort et les coquins qui l’habitent.

Le troisième épisode, La Voûte infernale, nous fait voir les premiers actes criminels entrepris contre Teddy qui s’échappe miraculeusement, et Protea qu’une voûte mobile menace d’écraser.

Au quatrième épisode, L’Héroïque Teddy, nous voyons d’abord Protea secourue par le vieux garde-chasse François qui connaît tous les secrets du château. Elle se sauve en faisant un terrifiant plongeon dans les flots de l’océan en furie. Cherchant Protea et voyant Ralph et ses acolytes se réjouir de la mort de l’héroïne, Teddy, seul contre tous, les réduit à l’impuissance,

Le cinquième épisode, Le Saut de la Mort, nous montre Protea et Teddy à la poursuite des misérables qui se sont échappés. Dans une course folle Protea va atteindre Ralph, mais pour favoriser sa fuite ce dernier fait sauter la passerelle qui réunit les deux bords d’un précipice. Qu’importe! Protea fait un bond prodigieux pardessus le précipice et continue la poursuite.

Le sixième épisode, Aux Mains du Pirate sous marin, nous fait assister au triomphe de Protea. Teddy a retrouvé la petite Jacqueline que Ralph avait voué à une mort horrible et ces épisodes se terminent par l’explosion du sous-marin dans lequel Protea était prisonnière et dont elle vient de s’échapper.

Tous les rôles sont interprétés dans le meilleur style mélodramatique, mais Mme Josette Andriot joue le rôle de Protea avec un entrain, une vigueur, une énergie incomparables.

Elle est bien l’artiste idéale de ce genre d’aventures, car rien ne lui est impossible; et il faut, dans, la hiérarchie des compliments, lui offrir la première place qu’elle partage avec Teddy, ce Planchet moderne.

Une bonne place doit être réservée dans le palmarès à M. Bourgeois, place qu’il partagera avec « L’Eclair », l’heureuse maison éditrice de cette suite d’aventures que tous les publics vont applaudir. Les uns parce qu’ils aiment le romanesque, les autres parce qu’ils savent rendre hommage à la virtuosité manifestée sous toutes ses formes.

Constant Larchet.

Paris, 10 Septembre 1917